Suite article du 17 mai 2026.
Le principal danger aujourd’hui se trouve chez les libéraux qui espèrent marier la lumière de la Tradition apostolique avec les ténèbres, où s’agitent les hérétiques, les schismatiques, les apostats et les modernistes. Cette doctrine fut pourtant toujours condamnée “comme étant contraire à l’enseignement de la Sainte Ecriture, des Saints Pères et de l’Eglise” (Pie IX, “Quanta cura”).
La Sainte Ecriture le rappelle fréquemment : “Est est, non non, tout le reste vient du démon” (Mt V, 37). Sentence reprise par l’apôtre saint Jacques (V, 12), qui souligne quant à lui : “Que votre parole soit : Est est, non non, afin que vous ne tombiez point sous le jugement”. Saint Paul écrit aussi : “… quelle union y a-t-il entre la justice et l’iniquité ? ou quelle association entre la lumière et les ténèbres ? ou quel accord entre le Christ et Bélial ?” (II Cor. VI, 14-15). Aucune communion n’est en effet possible entre les “fils de lumière” et les “fils des ténèbres”.
Dans la même ligne, Léon XII enseignait : “Evitez avec soin ceux qui appellent la lumière ténèbres et les ténèbres lumière. En effet, quel avantage auriez-vous à vous lier avec des hommes qui ne tiennent compte ni de Dieu, ni des puissances, qui leur déclarent la guerre…” (cité par l’anthologie de Georges Virebeau : “Les papes et la Franc-Maçonnerie”, Paris 1977, p.23).
Pie IX, dans un discours aux catholiques français, du 18 juin 1871, s’exclamait : « … L’athéisme dans les lois, l’indifférence en matière de religion, et ses maximes pernicieuses qu’on appelle catholiques libérales, voilà, oui, voilà les vraies causes de la ruine des Etats et ce sont elles qui ont précipité la France. Croyez-moi, le mal que je vous signale est plus terrible encore que la Révolution, que la Commune même ! – Ici le Saint Père se porta les mains au front, et avec un mouvement qui indiquait un amère chagrin mêlé à une profonde indignation, il dit- J’ai toujours condamné le libéralisme catholique -puis levant les mains et les agitant, il ajouta précipitamment et avec force- je le condamnerai quarante fois encore s’il le fallait » (“L’Univers”, 26 juin 1871).
De même Mgr Sarto (futur saint Pie X) expliquait que dans le camp des ennemis de la foi, les plus dangereux ne sont pas ceux qui s’étalent au grand jour, mais les autres, qui trompent et se dissimulent : les catholiques libéraux.
« Les catholiques libéraux sont des loups couverts de la peau des agneaux. Le prêtre conscient de sa mission doit dévoiler leurs trames perfides, leurs méchants desseins. Vous serez appelés papistes, cléricaux, rétrogrades, intransigeants; honorez-vous-en et ne faites pas attention aux railleries des pervers…
Veillez, ô prêtres, à ce que, par votre faute, la doctrine de Jésus-Christ ne perde pas la parure de son intégrité. Conservez toujours la pureté et l’intégrité de la doctrine, en tout ce qui touche aux principes de la foi, aux moeurs et à la discipline… Beaucoup ne comprennent pas les soins jaloux et la prudence dont on doit user pour conserver la pureté de la doctrine. Il leur semble naturel et quasi nécessaire que l’Eglise abandonne quelque chose de cette intégrité; il leur semble intolérable qu’au milieu des progrès de la science, l’Eglise seule prétende demeurer immobile dans ses principes. Ceux-là oublient le commandement de l’apôtre : “Je t’ordonne devant Dieu qui donne la vie à toutes choses et devant Jésus-Christ qui a rendu témoignage sous Ponce-Pilate, je t’ordonne d’observer ce commandement (la doctrine) immaculé, intact, jusqu’à la venue de Notre-Seigneur Jésus-Christ” » (cité par “La Contre-Réforme Catholique”, n°237, novembre 1987, p.5).
Pie XII aussi enseigne qu’“Il est inadmissible qu’un chrétien se compromette avec l’erreur[1], ne serait-ce que d’une manière minime, même si cela se fait pour maintenir le contact avec ceux qui sont dans l’erreur” (“C’est un geste” 10/7/1946).
On ne peut unir la vérité et l’erreur parce qu’elles s’opposent nécessairement. La moindre erreur associée à une vérité ne donne pas une vérité amoindrie, elle donne une erreur nouvelle. Un exemple pour mieux comprendre : si l’on met du poison dans une liqueur, on n’obtient pas une liqueur de moindre qualité, mais une potion mortelle.
Les faits ne contredisent pas la théorie. Si, en effet, on unit la vérité à l’erreur les conséquences sont mortelles. C’est ainsi que le philosophe catholique Augusto del Noce, très connu en Italie, en faisant un bilan de la période au cours de laquelle la “democrazia cristiana” italienne (démocratie chrétienne), parti politique des catholiques libéraux, avait exercé le pouvoir, concluait : “Pendant sa domination s’est réalisée une sécularisation plus entière que celle jamais réalisée par les Jacobins, les maçons ou les communistes”.
Le 5 janvier 1895, Mélanie, en visant les libéraux, écrivait : “En vérité, les catholiques, sans parler des autres, aident merveilleusement à composer, à préparer le règne de l’Antéchrist; les Lucifériens n’ont pas à combattre beaucoup, pour former ce régiment d’endémoniés : tout ce mal se fait paisiblement…” (Documents pour servir à l’histoire réelle de la Salette, Résiac, 1978).
[1]“Error, cui non resistitur,… approbatur : et veritas quae minime defensatur… opprimitur” “L’erreur à laquelle on ne résiste pas… est approuvée : la vérité qui est défendue faiblement… est opprimée”(Félix III, “Au Patriarche Acace”, 483).

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