Deux évolutions stratégiques majeures pourraient remodeler l’équilibre géopolitique mondial au cours des prochaines années. La première concerne l’impact des frappes iraniennes sur les installations militaires américaines dans le Golfe, tandis que la seconde examine la possibilité d’une confrontation entre la Russie et l’OTAN à l’horizon 2030.
Les dégâts subis par plusieurs bases américaines au Moyen-Orient sont beaucoup plus importants que ce qui avait été reconnu officiellement. Des infrastructures essentielles ont été gravement endommagées, au point que le Pentagone réfléchit désormais à l’opportunité de reconstruire certaines installations ou, au contraire, de réduire durablement sa présence dans la région.
Cette réflexion n’est pas uniquement dictée par le coût des réparations. Les frappes iraniennes ont démontré que plusieurs bases fixes sont devenues particulièrement vulnérables face aux missiles balistiques et aux drones modernes. Dans ces conditions, Washington pourrait privilégier une stratégie plus mobile, reposant davantage sur ses capacités navales, aériennes et sur un réseau de bases plus dispersées.
Une hypothèse qui s’inscrit dans une évolution plus large de la stratégie américaine. Depuis plusieurs années, les Etats-Unis cherchent progressivement à réorienter leurs priorités militaires vers la région indo-pacifique afin de concentrer davantage de moyens face à la Chine. Une réduction de leur empreinte permanente au Moyen-Orient irait dans le sens de cette réorganisation.
Toutefois, si les dommages matériels sur certaines bases ont été confirmés par diverses analyses indépendantes, aucune décision officielle n’a été annoncée concernant l’abandon ou la non-reconstruction de ces installations.
Il y a une autre préoccupation grandissante des états-majors occidentaux : la possibilité d’un affrontement entre la Russie et l’OTAN dans les prochaines années.
Plusieurs services de renseignement européens considèrent désormais que la Russie pourrait retrouver, d’ici la fin de la décennie, une capacité militaire suffisante pour exercer une pression conventionnelle sur certains membres de l’Alliance atlantique. Les Etats baltes, la Pologne ou encore la Finlande figurent parmi les zones considérées comme les plus exposées.
Pour le moment, l’hypothèse avancée n’est pas celle d’une invasion généralisée de l’Europe, mais plutôt celle d’une série d’incidents destinés à tester la cohésion de l’OTAN. Des provocations militaires limitées, des opérations hybrides ou des actions de déstabilisation pourraient permettre à Moscou d’évaluer la volonté réelle des alliés occidentaux d’appliquer l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord.
Dans cette perspective, plusieurs pays européens accélèrent actuellement leurs programmes de réarmement et augmentent fortement leurs dépenses militaires. Ils cherchent à renforcer leurs capacités avant que la Russie n’ait reconstitué l’essentiel de son potentiel militaire, tout en tenant compte de l’incertitude entourant l’engagement futur des États-Unis en Europe.
Ces deux analyses convergent finalement vers une même idée : les Etats-Unis pourraient progressivement redéployer leurs ressources militaires afin de faire face à plusieurs théâtres simultanément. Si leur présence permanente au Moyen-Orient devenait plus légère, davantage de moyens pourraient être consacrés à la compétition stratégique avec la Chine en Asie-Pacifique, tandis que les Européens seraient appelés à assumer une part croissante de leur propre sécurité face à la Russie.
Pour comprendre ce qui existe au-dessus des gouvernements et qui décide, vous devez lire cette série :

https://www.liesi-delacroix.eu/la-lettre-d-informations-liso