Dans une analyse approfondie, l’économiste et vulgarisateur Chris Martenson met en garde contre une hausse durable des prix du pétrole et du gaz aux Etats-Unis comme en Europe. En cause, selon lui : une combinaison de tensions géopolitiques et de contraintes structurelles souvent sous-estimées dans le débat public.
Premier point de friction : l’idée d’une abondance énergétique américaine. Si les Etats-Unis figurent parmi les premiers producteurs mondiaux, Martenson rappelle que cette réalité est plus nuancée. Le pays demeure dépendant de certaines importations de brut, notamment de qualité moyenne ou lourde, indispensable au fonctionnement de ses raffineries.
Il souligne également une confusion fréquente dans les statistiques énergétiques. Les chiffres officiels agrègent différentes catégories d’hydrocarbures, dont certaines — issues du gaz naturel — ne peuvent être transformées en carburants classiques. Une distinction technique qui limite la capacité réelle des Etats-Unis à compenser rapidement une pénurie de pétrole conventionnel.
A ces contraintes s’ajoute un ralentissement de la production américaine, qui a atteint un plateau ces derniers mois. Une hausse significative nécessiterait à la fois des investissements importants et des délais incompressibles, dans un contexte déjà marqué par des tensions sur les stocks de produits raffinés.
Mais c’est surtout le contexte international qui alimente les inquiétudes. Les perturbations au Moyen-Orient — région clé pour l’approvisionnement mondial — affectent non seulement les volumes de pétrole disponibles, mais aussi l’ensemble de la chaîne industrielle, des intrants chimiques aux capacités de raffinage.
Dans ce cadre, Chris Martenson estime que les prix actuels pourraient ne pas refléter pleinement la réalité des déséquilibres entre l’offre et la demande. Et donc, si ces tensions devaient persister, les marchés pourraient connaître un ajustement brutal.
Voilà donc des éléments qui s’ajoutent au tableau d’ensemble déjà dressé par LIESI. Encore une fois, il faut bien entendre que les contraintes physiques du système énergétique mondial s’opposent à une vision plus optimiste d’une adaptation rapide des marchés ! Ces deux approches du monde bisounours et de la réalité des choses mettent en lumière une question centrale : celle de la résilience des économies occidentales face à des chocs énergétiques prolongés.

______________________________________
Lire la dernière série LISO :
DECRYPTAGE DE ‘‘LA REVOLUTION RUSSE’’
La probable filiation de V. Poutine
illustre un pouvoir de l’ombre
qui planifie avec précision la mise en place de ses pions
sur l’échiquier russe
