Le marché de l’argent connaît depuis plusieurs mois une phase de forte volatilité, alimentée par des tensions persistantes entre l’offre physique et les mécanismes des marchés financiers. Dans une récente intervention, l’analyste spécialisé Ed Steer estime que ces évolutions pourraient marquer un tournant durable, après plusieurs décennies de relative stabilité des prix.
Selon lui, les mouvements observés sur les marchés à terme traduisent un phénomène de rachat accéléré de positions vendeuses (short covering). Depuis le printemps, les principales banques actives sur le marché américain auraient réduit de manière significative leurs positions nettes vendeuses sur l’argent, allant jusqu’à devenir, pour la première fois, globalement acheteuses. Cette évolution s’accompagne toutefois du maintien de volumes importants de positions vendeuses brutes, signe d’un marché encore largement exposé aux fluctuations.
Au-delà des mécanismes financiers, la question de l’offre physique occupe une place centrale dans l’analyse. Le marché mondial de l’argent enregistre un déficit structurel depuis plusieurs années, lié à une demande soutenue, notamment industrielle, et à une croissance limitée de la production. A cela s’ajoute la mise en place par la Chine de nouvelles règles encadrant les exportations d’argent raffiné, un facteur susceptible de restreindre davantage les flux internationaux, le pays occupant une position dominante dans le raffinage mondial.
Ces contraintes se reflètent dans les écarts de prix observés entre les marchés. A Shanghai, l’argent physique se négocie avec une prime significative par rapport aux références occidentales, traduisant des tensions ponctuelles sur la disponibilité du métal. Pour Ed Steer, ces éléments différencient la situation actuelle des précédents épisodes de hausse marquée, comme ceux de 1980 ou de 2011, souvent associés à des dynamiques essentiellement spéculatives.
Tout cela traduit un déséquilibre appelé à durer, notamment parce que les ressources nécessaires pour résorber le déficit ne sont pas immédiatement identifiées. Cette perspective alimente des anticipations de hausse des prix à long terme, même si ces projections restent débattues et dépendantes de nombreux facteurs, notamment macroéconomiques et géopolitiques.
Dans ce contexte, les valeurs minières spécialisées dans l’argent n’ont que partiellement bénéficié de la progression du métal. Ce décalage, fréquemment observé dans le secteur des ressources naturelles, suscite des interrogations quant au fonctionnement des marchés financiers, sans qu’un consensus ne se dégage sur l’existence de mécanismes de contrôle des prix.
Si les analyses divergent quant à l’ampleur et à la durée des tensions actuelles, une convergence apparaît néanmoins : le marché de l’argent évolue dans un environnement plus contraint qu’au cours des décennies précédentes. Reste à savoir si ces déséquilibres déboucheront sur une reconfiguration durable des prix ou s’ils seront absorbés, à terme, par des ajustements de l’offre, de la demande ou des mécanismes financiers.
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Ce qui se passe sur les marchés précieux est si important que LIESI va publier plusieurs séries de LISO, afin de vous apporter des informations “retenues” par la presse, ainsi qu’une analyse selon notre grille de lecture qui tient compte du scénario anticipé et à venir.

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