A mesure que la crise avec l’Iran se prolonge, Donald Trump multiplie les déclarations affirmant que “la guerre est presque terminée” et que Téhéran “souhaite conclure un accord”. Des formules répétées avec constance, auxquelles s’ajoute désormais une promesse : celle d’une envolée prochaine des marchés financiers.
Cette rhétorique, martelée depuis le début du conflit, interroge. Car à ce stade, aucune confirmation indépendante ne vient étayer l’existence de négociations avancées ni même d’un basculement décisif sur le terrain. Les éléments concrets — qu’il s’agisse des mouvements militaires, des flux énergétiques ou des positions diplomatiques officielles — ne semblent pas corroborer l’idée d’un dénouement imminent.
Dans ce contexte, ces prises de parole apparaissent moins comme le reflet d’une réalité stabilisée que comme un exercice de communication politique. En affirmant que l’Iran “veut un accord”, le président installe un récit dans lequel les Etats-Unis seraient en position de force, quitte à anticiper une issue qui reste, à ce jour, incertaine.
Le même mécanisme semble à l’œuvre concernant les marchés financiers. En évoquant une future hausse spectaculaire, Donald Trump s’adresse directement aux anticipations des investisseurs, dans une logique où la parole politique cherche à influencer la psychologie économique autant qu’à décrire une situation existante.
Trois lectures peuvent être avancées
La première est celle d’une stratégie classique de gestion de l’opinion : afficher une dynamique positive pour compenser une réalité plus nuancée.
La deuxième renvoie à une tentative d’influencer directement les marchés, en façonnant les attentes plutôt qu’en s’appuyant sur des faits établis.
La troisième relève d’une logique de maîtrise politique : convaincre que la situation est sous contrôle afin de limiter les coûts d’une éventuelle dégradation.
Quoi qu’il en soit, un décalage persistant apparaît entre la répétition des annonces et l’absence de validations tangibles. Dans les relations internationales comme sur les marchés, ce sont généralement les faits — accords signés, cessez-le-feu effectifs, évolutions économiques mesurables — qui finissent par s’imposer.
A défaut, la répétition du message devient elle-même un indice : celui d’une narration en construction, dont la solidité reste à éprouver… et elle a plutôt tendance à se fissurer au fil des semaines. Si jamais les acteurs financiers finissent par douter, ce ne sera pas beau à voir. Mais ils feront tout pour s’enfermer dans l’illusion des mensonges grossiers de cet inculte grossier de a Maison Blanche parce que la vérité devient de plus en plus effrayante et source de chaos à force de la nier ou de la réfuter contre l’évidence.
______________________________________
Lire la dernière série LISO :
DECRYPTAGE DE ‘‘LA REVOLUTION RUSSE’’
La probable filiation de V. Poutine
illustre un pouvoir de l’ombre
qui planifie avec précision la mise en place de ses pions
sur l’échiquier russe
